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« Il est gentil ! » – Quand cette phrase devient une excuse pour ne pas gérer son chien

  • Meryl Schenk
  • 22 juil. 2025
  • 3 min de lecture

C’est une phrase qu’on entend (trop) souvent :

« Oui mais le mien, il est gentil ! »

Sur le papier, c’est rassurant. En réalité, c’est souvent le début d’une situation délicate, voire dangereuse. Derrière cette excuse, il y a parfois un manque de connaissance des besoins du chien… mais aussi de celle des autres.


Une anecdote de vacances… trop classique

Pendant nos vacances, nous étions en train de commander quelque chose à un petit snack. Comme vous le savez, Shiva est réactif, et quand Nyree est avec lui, elle l’est aussi. Ça demande une vigilance constante, surtout dans les lieux publics. Grâce au travail déjà effectué, quand les autres chiens sont attachés et gardent une distance raisonnable, tout se passe bien.

Mais si un chien nous fonce dessus, la réaction est immédiate : Shiva et Nyree montent très vite en pression.

Ce jour-là, un chien arrive sur nous, d’abord avec l’intention de jouer. Mais en voyant que Shiva et Nyree n’étaient pas du tout réceptifs, il s’est lui aussi mis à aboyer. Sa propriétaire arrive enfin, le rattache et s’installe à une table à quelques mètres. On prend le temps de calmer nos chiens, tout va mieux…

… jusqu’à ce qu’elle détache à nouveau son chien, qui nous fonce dessus une deuxième fois. On réagit, on l’interpelle, et elle nous répond :

« Oui mais le mien, il est gentil… »

Une réponse qui annule toute responsabilité, comme si la « gentillesse » de son chien effaçait le fait qu’il envahit l’espace d’autres chiens réactifs, en laisse, en train de gérer.

Nous calmons Shiva et Nyree une deuxième fois, nous nous installons plus loin… et devinez quoi ? Troisième charge. Le même chien, détaché, revient vers nous.

Cette fois, les trois chiens ont failli se battre. Heureusement, elle l’a récupéré à temps. Mais là, nous lui avons dit clairement tout ce que nous pensions. Ce n’était plus une erreur, c’était un manque total de respect.


Le quotidien avec un chien réactif : une charge invisible

Avoir un chien réactif, ce n’est pas juste « un chien un peu compliqué ». C’est un quotidien fait :

  • de vigilance constante,

  • de gestion de l’environnement,

  • de lecture du langage canin,

  • de reconnaissance des signaux faibles.

C’est aussi des heures — des mois, parfois des années — de travail, de désensibilisation, de construction de confiance. Chaque petit progrès est précieux et fragile.

Quand un chien inconnu fonce sur nous, tout ce travail peut être mis en péril en quelques secondes. Ce n’est pas « un petit incident », c’est une charge mentale énorme pour le chien et son humain. Et pour certains chiens, le simple fait de croiser calmement un congénère est déjà une grande victoire.


Être gentil ne justifie pas d’ignorer les autres

Un chien peut être « gentil » et mettre les autres en difficulté.

Ce n’est pas parce qu’il veut jouer ou dire bonjour que tous les chiens, ou tous les humains, sont prêts à l’accueillir. Un chien réactif, peureux, en rééducation ou simplement pas sociable n’a pas à subir l’excitation d’un congénère en liberté.

De même, un chien « gentil » peut traverser une route, faire peur à un enfant, ou provoquer une bagarre par simple méconnaissance des codes canins.


Encadrer un chien, c’est le respecter

L’éducation bienveillante ne veut pas dire « tout laisser faire ». Elle implique :

  • d’observer son chien et son environnement,

  • de le guider avec calme et constance,

  • de respecter les autres chiens et les autres humains.

Laisser son chien aller vers tout ce qui l’attire sans jamais intervenir, ce n’est pas lui offrir de la liberté, c’est lui enlever des repères.


Pour finir… pensons collectif

Quand on croise un chien attaché, on rattache le sien, ou on demande poliment s’il y a besoin de le faire. Si une personne s’éloigne en voyant votre chien arriver, ce n’est pas un jeu de cache-cache : c’est presque sûr que son chien est réactif ou en difficulté.

Et dans ce cas, la meilleure chose à faire, c’est respecter sa distance. Ce petit geste, qui ne coûte rien, représente un immense soulagement pour celui ou celle en face.

Tout propriétaire de chien réactif vous remerciera. Et en faisant preuve de cette attention mutuelle, on rend les espaces publics plus sûrs et agréables pour tous — chiens et humains compris.

 
 
 

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Montmollin, Val-de-Ruz, Suisse

Photographies : Bastien Droux

© Noir et Blanc
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